Coase web et bourse

Coase agence

Ronald Coase, théorie de l'agence

Ci dessous un texte écrit pas mon camarade Daniel Toure sur la théorise de l’agence de Coase, le web2 et la bourse. La suite de mon texte sur boursorama 2.0 arrivera avant le mois d’aout…

En 1937, Ronald Coase publie une étude qui va bouleverser les sciences économiques.

Lors d’un échange de biens ou de service, les acteurs se heurtent fréquemment à l’asymétrie d’information entre l’acheteur ou le vendeur.

Est-ce que le vendeur dit bien la vérité sur cette voiture d’occasion ? Ou est ce qu’il cache des informations cruciales à l’acheteur.

Est-ce que l’acheteur d’un contrat d’assurance dit bien la vérité sur la sécurité incendie de sa maison ou est ce qu’il cache des éléments cruciaux au vendeur du contrat d’assurance ?

Est-ce que le vendeur d’une Sicav dit bien la vérité sur les performances de son produit ou est ce qu’il cache des éléments cruciaux à l’acheteur ?

Cette asymétrie d’information entre l’acheteur et le vendeur, ses conséquences et les stratégies employées pour limiter leurs conséquences sont maintenant étudiées depuis plus de 50 ans par la théorie de l’agence.

Cette dernière classe les stratégies pour réduire l’asymétrie d’information ou ses conséquences en deux grandes familles :

  • La réputation. Est-ce que le vendeur ou l’acheteur a une bonne réputation ? Cela peut être une marque pour les grandes entreprises et/ou le bouche à oreille pour les petits artisans. Cela a peut être des guides d’achat (études de d’associations de consommateurs, guides de voyage) notant les différents vendeurs.
  • L’incitation. Est-ce qu’on peut trouver un mécanisme volontaire qui montre que le vendeur est de bonne foi en faisant coïncider ses intérêts avec celui de l’acheteur ? Cela peut être une assurance. Le garagiste qui vend la voiture d’occasion s’engage à la réparer pendant un an en cas de panne.

Malheureusement, jusqu’à présent il existe plusieurs périmètres d’échanges dans lesquels ces deux mécanismes n’existent peu ou pas.

C’est la cas notamment des conseils de placement. Il n’y a pas ou peu de mécanisme de réputation. Les produits vendus par les grandes banques changent de gérants sans qu’il soit facile de connaitre la qualité d’une équipe par rapport à une autre.Et d’une banque à l’autre, d’un produit à l’autre, il est difficile de juger de la qualité d’un produit sur sa marque. Et il n’y a très peu de mécanisme d’incitation. Le commercial de la banque veut toucher ses primes de vente, même si le produit vendu ne vaut plus un clou un mois plus tard. Et la banque ne place pas forcement son argent au même endroit que ses clients, elle peut même utiliser l’argent de ces derniers comme de la chair à canon pour ses propres opérations.

Cette médiocrité ambiante est amplifiée par le fait que la concurrence est rare. Un particulier même très doué aurait du mal à vendre ses connaissances de placement à d’autres particuliers.

Les nouvelles technologies du web peuvent faire évoluer ce statu quo.

Sur la réputation, les investisseurs vont pouvoir sélectionner et suivre de gérants dont le talent est reconnu/prouvé par des performances passées vérifiées ou par les avis de milliers d’utilisateurs.

Sur l’incitation, ces mêmes investisseurs pourront montrer leur confiance dans leur travail en prouvant qu’ils investissent leurs propres fonds sur les produits qu’ils conseillent.

Enfin la souplesse d’Internet permettra à des milliers de boursicoteurs de proposer leurs services et de les vendre en lieu et place d’une poignée de grandes banques.

Ces trois axes peuvent d’ici quelques années bouleverser la manière dont chaque particulier place son argent tout en ouvrant la possibilité à de nombreux gérants professionnels ou semi-pro de vendre leur talent et leur connaissances.

Une Réponse

  1. Article très interessant Nicolas.
    Une petite précisions peut-être, il vaut mieux citer G. Akerlof et les « lemons » comme l’ un des auteurs à la base de la théorie de l’agence (ou Jensen & Meckling ou Alchian & Demsetz). Par ailleurs, concernant la réduction de l’asymétrie d’information: les nouvelles technologies ne permettent pas à mon sens de réduire cette asymétrie mais elles permettent en revanche de « bypasser » ceux qui nous disait vendre cette expertise par le passé (les grandes banques dans ton cas).

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